Ce titre, c’est celui d’un magazine distribué dans l’Ouest Lyonnais. J’y ai proposé un article, dont vous retrouverez la version originale ci-dessous.
La version finale étant disponible en ligne : il était une fois dans l’Ouest – Automne 2020, pages 26 et 27.

Moi, c’est Guillemette Loyez, animatrice territoriale dans le Beaujolais Vert, grande communicante, et plus que tout portée par l’envie de donner de la voix aux femmes qui entreprennent là-haut, des femmes isolées mais pas déconnectées. Arrivée il y a quatre ans depuis la région parisienne, j’ai créé mon réseau, celui du cœur. Celui qui lève tous les doutes, toutes les peurs. Celui qui rend possible ce qui se trouve tout au fond de nous et qui n’attend qu’une chose : EXISTER.

Merci Amélie qui m’a ouvert la porte de la Manufacture un vendredi de juin 2020. Merci à Charline, l’organisatrice. Et Cécile, l’instigatrice. J’ai tourné autour de la place à Morancé pour finalement arriver devant un écrin animé par deux jolies pépites. Charline, c’est elle qui a pris contact avec moi sur Insta. J’ai mis du temps à voir son message, je me familiarise encore avec ce réseau. Et puis il y a eu la si jolie carte de vœux : in-vingt-cible… quel beau message qui prend tellement de sens cette année. Merci à notre amie Cécile de nous avoir invitée à nous mettre en relation. Tu as vu juste, comme toujours. Touchées en plein cœur. 

Je suis repartie avec le magazine d’Amélie sous le bras et la furieuse envie d’être collée-serrée sur une des douces pages de ce titre. Quelques messages échangés avec Amélie et je luis proposais un billet sur mon Ouest à moi, le très Grand Ouest, celui du Beaujolais Vert, autour de la manière qu’ont les femmes de faire réseau. « Tu m’envoies ça pour début juillet ! » Avant que je l’écrive, pas un jour où je n’y ai pensé… sous la douche, dans ma voiture, pendant une visioconférence un peu longue…

Depuis 2017, chaque vendredi ou presque, un peu avant 8h30, après les “aurevoir maman, à ce soir !” qu’ils me lancent en courant alors qu’ils jettent leurs cartables sur leurs dos, je laisse ma voiture sur le parking de l’école à Lamure s/Azergues. Il pleut,il fait chaud ou il y a du vent, je pars à pied, mon sac sur le dos, un sourire sur les lèvres. A ce moment-là je repense à mes collègues que j’allais former aux quatre coins de la France et qui m’appelaient “Dora” (le personnage de dessin animé qui nous agace !). Je préfère le sac à dos pour y transporter mon ordinateur, plus respectueux de mon dos… et puis ce côté, je pars à l’aventure !

Revenons à ces minutes où je ne suis ni maman ni entrepreneure, juste moi. Je croise S. qui après un boulot où ça coûte plus cher d’aller bosser, a été stoppée par l’actualité alors qu’elle créait sa micro-entreprise. Pas grave, elle va trouver. Je la dépasse en la saluant, on reprendra notre conversation lundi… peut-être même qu’un jour elle poussera la porte de l’espace de coworking… J’emprunte les escaliers le long de l’Azergues et j’arrive sur la place de la mairie, avec sa belle halle en bois qui permet toutes les rencontres, du marché à la fête des conscrits, en passant par un salon des entrepreneures de la ruralité, un jour ?! Je m’arrête parfois au café du village. Je m’installe au bar, toujours, c’est là que je peux observer les allées et venues. “Toujours pas de sucre ? Non toujours pas ! Et le petit blanc… euh non merci… !” Nos échanges ne vont pas beaucoup plus loin, ça nous va. On a pris la température. Je continue ma route, parfois avec un détour par la boulangerie ou à la Petite Presse (“je t’ai gardé le 200 pour ton mari, tu le prends ?”). Je continue mon chemin, après la mercerie et son côté désuet et non moins utile, je passe devant le Quartier Métisseur, des fois ça burine, des fois c’est tout calme. Depuis que les portes fenêtres et le panneau Valdaz ont été installés, c’est la grande classe, on a passé une étape. Moi ce que je regarde c’est si la fenêtre de la cantine est ouverte, si des voix s’en échappent, et je me glisse tout en haut des escaliers qui craquent et je partage un café avec les plus matinaux : Léa qui brasse et Nono qui dessine. Là je reprends un 2ème café, on parle du prochain événement, de la vie d’ici, de tout et de rien, des fois beaucoup, des fois peu puis je repars, vite c’est l’heure, le Café des échanges va démarrer ! Je sais bien que mon réseau à moi n’a ni limite temporelle ni spatiale, les réseaux sociaux sont mon univers. Mais dès qu’on peut il y aura toujours un café entre nous. Et donc le vendredi je suis attendue. Quand j’ai traîné il y a des voix, elles m’attendent devant la porte de l’espace de coworking, au dernier étage de la maison médicale. Elles rient déjà “ben alors Guillemette ?! On a eu peur que tu nous ai oublié !”. Je passe mon badge et j’ouvre la porte. Ça sent le propre toujours, Catherine est passée la veille, petite fée du logis. On installe les tabourets et les chaises, on ouvre la fenêtre, on bloque la porte pour que toutes nous rejoignent. La secrétaire médicale aime bien le vendredi, même si elle ne nous rejoint pas, elle entend nos voix, nos rires souvent “ça met de l’animation”. La bouilloire siffle, et le café coule. Pas de thématique, pas de liste des inscrits. Ici on vient comme on est, la porte est ouverte. C’est le rendez-vous hebdo des entrepreneur.e.s. Le bouche à oreille fonctionne “je suis venue parce qu’on m’a dit qu’il fallait que je te rencontre pour mon projet”. Entre 9h et 10h, ça butine, ça rit, des fois c’est plus sérieux. En toute simplicité. Et très souvent entre femmes. Peu d’hommes se joignent à nous, même si on a nos irréductibles irréguliers, comme le voisin, agriculteur retraité ou l’artisan bijoutier. Ce rendez-vous est féminin, ça n’est pas un parti pris, c’est comme ça. C’est ainsi qu’on entreprend et qu’on fait réseau nous les femmes de là-haut… comme on est, en toute simplicité, sans fard ni paillettes… même si on adore parer nos projets de mille feux pour réussir avec un grand R !

Le rôle que je me donne est de faire le lien avec les au-delà, comme cette fois où j’ai découvert Morancé et La Manufacture d’Images et d’Idées. Ça m’a donné envie d’imaginer une rencontre entre l’Ouest et le très Grand Ouest… qu’est-ce que vous en pensez mesdames ?! A bientôt alors !

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